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La libéralisation des services publics de
l'énergie en France et en Europe : un retard
français à combler
20 septembre 2001 - Rapporteur : Pierre-Antoine GAILLY
La libéralisation des services publics de
l'énergie en Europe s'est inscrite dès le
départ dans une perspective d'intégration des
marchés nationaux, de manière à
harmoniser à terme les situations juridiques et les
conditions économiques pour le client final. Cette
volonté politique au niveau européen s'est
conjuguée avec le processus de diversification des grands
groupes énergétiques et un contexte de croissance
de la consommation d'énergie en Europe.
Les directives européennes "
électricité " et " gaz " ont donné le
coup d'envoi d'un processus long, que la Commission
européenne a souhaité
accélérer récemment pour aboutir
à un marché unique de l'énergie en
2005. Le sommet de Stockholm en mars 2001 a néanmoins
montré les divergences encore existantes en Europe sur
l'avenir de ce processus ; le retrait de l'ordre du jour du Parlement
français du projet de loi portant transposition de la
directive " gaz naturel " démontre aussi les
hésitations à mettre en œuvre cette
libéralisation.
Or, il s'avère que de nombreux pays
européens ont notablement progressé dans
l'ouverture de leur marché de l'énergie,
dépassant allègrement les objectifs
européens. Au niveau national, le début
d'ouverture du marché de l'électricité
en août 2000, avec l'ouverture à la concurrence
pour les sites éligibles, aurait amené plus de 80
% des entreprises concernées à remettre en cause
leur contrat de fourniture d'énergie . Les
bénéfices attendus à terme, tant pour
les entreprises que pour l'économie dans son ensemble,
devraient donc conduire tant à
accélérer le mouvement de
libéralisation qu'à l'étendre dans les
faits au secteur du gaz naturel.
Face aux avancées actuelles qui apparaissent
désordonnées et incomplètes, la CCIP
suggère d'abord :
- que les négociations soient rouvertes au
niveau européen afin de trouver une position commune
alignée sur les pays les plus rapides et avancer vers
l'harmonisation européenne des systèmes de
régulation et d'accès aux réseaux de
transport en s'inspirant des meilleures pratiques observées
dans les pays qui ont totalement achevé la
libéralisation de leur marché ;
- que le projet de loi portant transposition de la
directive "gaz naturel" de 1998 soit réinscrit à
l'ordre du jour de l'Assemblée nationale dans les meilleurs
délais
- qu'un marché européen du
stockage de gaz soit instauré sous le contrôle des
régulateurs, accessible aux nouveaux entrants à
des conditions non discriminatoires.
La CCIP propose ensuite des mesures de
rééquilibrage pendant la phase transitoire de
passage à un marché unique, notamment afin
d'éviter des distorsions de concurrence trop importantes
entre entreprises :
- en modifiant la définition du site de
consommation d'électricité, en retenant
l'entreprise au lieu de l'établissement ;
- en permettant aux entreprises localisées
sur un même site industriel de pouvoir se réunir
pour négocier et acheter leur énergie.
Enfin, il s'agit de préparer
l'après-libéralisation, au profit d'un
marché transparent et concurrent. La CCIP recommande donc :
- de donner mission au régulateur
d'agréer des services d'intermédiation, sous
condition d'être indépendants des groupes
énergétiques ;
- de recentrer le rôle de la CRE (et de la
future CREG) sur l'amélioration de la concurrence, en
utilisant pleinement ses pouvoirs d'information pour affirmer son
rôle de catalyseur de la concurrence des marchés.
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